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Assis devant ma première date en un an. Un an, criss.
Est vraiment cute, jme demande vraiment pourquoi j’ai pas fait ça avant. Ça marche bien, jusqu’à date; mes sourires marchent, mes petits yeux aussi. Une bière et demie d’engloutie, la petite joie l’fun pétille dans l’ventre.
Même pas de bière, je la trouverais belle.
Je m’était dit que je recommencerais lentement, avec une 4-5 bières, pour me donner une chance après si longtemps. Mais elle, c’est une pas de bière. Si je bois maintenant, c’est pas pour la trouver belle, c’est plutôt pour me dégêner.
On parle de tout et de rien, on rit un peu, on fait des petits silences cutes, le genre de silences dont elle dirait plus tard: “même les silences étaient le fun!”…. Mais honnêtement, ces silences là y m’emmerdent. Mais bon, à la limite, je suis prêt à bien des choses pour une botte. Surtout une comme celle-là.
-T’es vraiment jolie, tu sais…
J’ai dis ça négligemment. Un peu gêné, avec les yeux et un peu cochon, avec la bouche. C’est un truc que ma mère m’a donné. Elle m’a dit que mon père l’avait eu comme ça.
Beau souvenir. Sont pu ensemble.
Ce truc là, c’est de la pisse d’orignal en forêt: ça attire la femelle.
Je suis sur le point de closer.
-Écoute, je fais pas ça d’habitude… mais j’ai le goût de t’embrasser. J’ai envie qu’on sorte d’ici et qu’on s’embrasse.
Elle rougit.
Ce truc là, il est de moi. Tu lui annonces ce que tu vas faire, mais tu le fais pas. Tu la laisses faire. Tu la raccompagnes jusque chez elle, mais tu fais rien, juste sourire. Là, la fille se demande ce qu’elle a fait de mal, si elle t’a turner off. Ça tourne trop vite dans sa tête. Habituellement, ça finit par elle qui te regarde la bouche entrouverte, en fixant ta bouche, le coeur qui bat vite. Tu restes fixe, tu la fixes dans les yeux et tu souris lentement. La plupart du temps, elle t’avale tout rond.
-On y va?
Elle sourit. Je me lève. Elle me regarde mais un filet de sang lui sort du nez.
-Ton nez…
Elle éternue. Pas sur moi. Sur la femme assise à côté.
(Elle) - Merde.
(Moi) - ….. (j’me retiens de sourire)
La femme pousse un cri de dégoût; elle a le visage rempli de petits point rouges.
(Elle) - Je suis désolé. (Vers moi) Ça m’arrive tout le temps quand je suis nerveuse.
Elle sourit, mal à l’aise.
Moi, c’est pas que j’aime pas le sang, mais la tête penchée par en arrière, le sang sur la bouche, pas sur que j’ai encore le goût de l’embrasser. Elle blanchit. Le sang se met à couler de plus belle, sur le plancher maintenant.
(Elle) - Fuck….
La femme d’à côté se lève, les yeux pleins d’effroi.
(Femme) T’as tu une maladie.
Ma date fait signe que non.
Ensuite, elle vomit du sang. Beaucoup de sang. La Femme crie. Les gens se tassent. La Femme panique. Elle crie au sida, à l’ébola, à l’hépatite.
Ma date me regarde, moi, stoïque, de marbre, probablement beau même, dans ma grandeur immuable, mon sang-froid.
Et dans ses yeux, je vois ce qu’elle me dirait, si elle pouvait parler. “Tu veux plus m’embrasser, hein?”
Effectivement. Non. Je veux plus t’embrasser.
Un an pour ça.
Et merde….