Le Blog du Chef de L’Entreprise


technique
mai 22, 2008, 2:17
Classé dans : nouvelle

Assis devant ma première date en un an. Un an, criss.

Est vraiment cute, jme demande vraiment pourquoi j’ai pas fait ça avant. Ça marche bien, jusqu’à date; mes sourires marchent, mes petits yeux aussi. Une bière et demie d’engloutie, la petite joie l’fun pétille dans l’ventre.

Même pas de bière, je la trouverais belle.

Je m’était dit que je recommencerais lentement, avec une 4-5 bières, pour me donner une chance après si longtemps. Mais elle, c’est une pas de bière. Si je bois maintenant, c’est pas pour la trouver belle, c’est plutôt pour me dégêner.

On parle de tout et de rien, on rit un peu, on fait des petits silences cutes, le genre de silences dont elle dirait plus tard: “même les silences étaient le fun!”…. Mais honnêtement, ces silences là y m’emmerdent. Mais bon, à la limite, je suis prêt à bien des choses pour une botte. Surtout une comme celle-là.

-T’es vraiment jolie, tu sais…

J’ai dis ça négligemment. Un peu gêné, avec les yeux et un peu cochon, avec la bouche. C’est un truc que ma mère m’a donné. Elle m’a dit que mon père l’avait eu comme ça.

Beau souvenir. Sont pu ensemble.

Ce truc là, c’est de la pisse d’orignal en forêt: ça attire la femelle.

Je suis sur le point de closer.

-Écoute, je fais pas ça d’habitude… mais j’ai le goût de t’embrasser. J’ai envie qu’on sorte d’ici et qu’on s’embrasse.

Elle rougit.

Ce truc là, il est de moi. Tu lui annonces ce que tu vas faire, mais tu le fais pas. Tu la laisses faire. Tu la raccompagnes jusque chez elle, mais tu fais rien, juste sourire. Là, la fille se demande ce qu’elle a fait de mal, si elle t’a turner off. Ça tourne trop vite dans sa tête. Habituellement, ça finit par elle qui te regarde la bouche entrouverte, en fixant ta bouche, le coeur qui bat vite. Tu restes fixe, tu la fixes dans les yeux et tu souris lentement. La plupart du temps, elle t’avale tout rond.

-On y va?

Elle sourit. Je me lève. Elle me regarde mais un filet de sang lui sort du nez.

-Ton nez…

Elle éternue. Pas sur moi. Sur la femme assise à côté.

(Elle) – Merde.

(Moi) – ….. (j’me retiens de sourire)

La femme pousse un cri de dégoût; elle a le visage rempli de petits point rouges.

(Elle) – Je suis désolé. (Vers moi) Ça m’arrive tout le temps quand je suis nerveuse.

Elle sourit, mal à l’aise.

Moi, c’est pas que j’aime pas le sang, mais la tête penchée par en arrière, le sang sur la bouche, pas sur que j’ai encore le goût de l’embrasser. Elle blanchit. Le sang se met à couler de plus belle, sur le plancher maintenant.

(Elle) – Fuck….

La femme d’à côté se lève, les yeux pleins d’effroi.

(Femme) T’as tu une maladie.

Ma date fait signe que non.

Ensuite, elle vomit du sang. Beaucoup de sang. La Femme crie. Les gens se tassent. La Femme panique. Elle crie au sida, à l’ébola, à l’hépatite.

Ma date me regarde, moi, stoïque, de marbre, probablement beau même, dans ma grandeur immuable, mon sang-froid.

Et dans ses yeux, je vois ce qu’elle me dirait, si elle pouvait parler. “Tu veux plus m’embrasser, hein?”

Effectivement. Non. Je veux plus t’embrasser.

Un an pour ça.

Et merde….



Roulières
mai 20, 2008, 2:37
Classé dans : nouvelle

Aquaplaning.

Le steering tourne dans l’beurre. Faut pas freiner, juste laisser ralentir le char tout seul.

Shit, le cul part à droite. Juste un p’tit coup de gas.

Traction avant de marde, ça marche pas. Tourne un peu à droite, crampe un peu à droite. Criss, la route est dans la vitre de l’helper.

Des phares.

Fuck.

Fuck.

Un coup de brake, viser le clos.

Pas de face-à-face. Pas de face-à-face. Pas de face-à-face.

La lumière des phares passent dans les gouttes d’eau plaquées sur la vitre. Pleins d’étoiles. Pourquoi ça ralentit pas?

Pompe les brakes, pompes les brakes. Trop tard.

Aquaplaning. L’autre char. Lui aussi. Ostie de roulières de marde.

Perd ses lumières. Y dérape lui aussi. Y tourne, j’tourne aussi. On va se pogner.

Criss.

Une seconde. Un peu moins.

Situation inverse. C’est lui qui a mes phares dans face; j’le vois. Criss, j’le vois.

C’est le flo du dépanneur qui fait du pain. Lui qui a tout le temps l’air triste. Lui qui à toujours l’air mal à l’aise de proposer une loterie.

Fuck, y sourit.

C’est la première fois que j’le vois sourire.

Criss, y sourit.

J’me demande quelle face je fais? Je suis-tu en train de sourire aussi.

Non. C’est clair que non. J’ai trop de chose à perdre. J’peux pas être en train de sourire.

Y doit revoir sa vie. Sa première pipe. J’espère. Mourir en revivant sa première pipe…. wow.

C’était quand ma première pipe? Shit, rappelle pas.

C’était quand ma dernière pipe?

Criss, j’m'en rappelle pas non plus.

On va se toucher. Shit. Ma femme. Ma fille. Ma femme, ma fille. Ma mère, mon père.

Ostie…. y sourit encore.

C’est drôle, je suis content de voir qu’il est.

.



bipolaire
mai 19, 2008, 6:12
Classé dans : Blogroll

Je suis un bipolaire de l’écriture. Par bout, j’écris beaucoup. Ensuite, plus rien. J’ai des gastroscriptiques: je vomis mes lignes et pas toujours proprement. J’ai essayé de corréler tout ça, de voir ce avec quoi je pourrais relier le tout, avec des moments de ma vie, par exemple. J’ai arrêté assez sec. J’ai trouvé assez sec. Je suis paresseux.

Voilà, c’est dit. Je suis un gros paresseux paresseux. C’est simple. Et je suis content d’avoir trouvé la raison si vite, étant donné mon état.

Mais aujourd’hui, je me fais une promesse. Je vais écrire plus.

Et peut-être que la motivation d’être lu sera suffisante pour continuer. Parce ce que je suis un paresseux paresseux égocentrique. Voilà. C’est redit.

On verra bien.